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  Matrimandir

Brève histoire de la Conception du Matrimandir

En juin 1965, la Mère, de l’Ashram de Sri Aurobindo, commença à parler de son intention de construire, au nord de Pondichéry, une «ville universelle où hommes et femmes de tous pays puissent vivre dans la paix et l’harmonie progressive, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités. Le dessein d’Auroville est de réaliser l’unité humaine.»

 
Depuis le commencement, la Mère dit que, au centre de la ville, il y aurait un "Parc de l’Unité" et que, en son sein, il y aurait quelque chose qu’elle appela d’abord un "Pavillon de la Vérité", ou "Pavillon de l’Amour [Divin]", ou "Pavillon de la Mère". Finalement, elle appela ce Pavillon "Matrimandir", et traduisit ce mot en anglais par "Sanctuaire de la Mère". Elle ajouta que le "Parc de l’Unité" consisterait en douze jardins représentant les "douze attributs de la Mère" et que le Matrimandir et le Parc seraient entourés d’un Lac.

 
Vers la fin de 1965, la Mère décida que le Banyan solitaire serait le centre géographique de la future ville. A cette époque, le site était quasiment nu.
Au début de 1968, la Mère donna un nom aux douze Jardins du Matrimandir:

 
Existence, Conscience, Félicité, Lumière, Vie, Pouvoir,
Richesse, Utilité, Progrès, Jeunesse, Harmonie, Perfection.

                                     
Le 28 février 1968, la cérémonie d’inauguration d’Auroville eut lieu autour de l’Urne blanche, de la forme d’un bouton de lotus, qui désormais est placée au point central d’un large amphithéâtre. Des jeunes représentant chaque État de l’Inde et 124 pays du monde déposèrent une poignée de terre de leur État/pays dans cette Urne, tandis qu’un message de bienvenue et la Charte d’Auroville dont l’original est en français, étaient lus dans plusieurs langues indiennes et étrangères.

 
A la fin de 1969, la Mère expliqua à un horticulteur américain, Narad, qu’elle avait appelé pour commencer les Jardins du Matrimandir: «Cela doit être quelque chose d’une grande beauté, d’une telle beauté que quand les gens viendront ils diront «Ah, c’est cela». Ce doit être une expression de cette conscience qui nous essayons d’apporter». Elle ajouta: «Chacun doit savoir comment aller de la conscience à la Conscience».

 
En janvier 1970, la Mère demanda à son architecte, Roger Anger, de commencer à travailler sur le Matrimandir. Elle lui dit qu’elle avait eu des visions répétitives de sa Chambre Intérieure et lui en donna une ébauche, que Udar, un ingénieur de l’Ashram, avait dessinée selon ses instructions. Elle dit qu’elle n’avait pas ‘vu’ le reste du bâtiment.

 
En mars 1970, Roger Anger présenta à la Mère un modèle de la Chambre Intérieure, ainsi que cinq modèles différents du Matrimandir. Elle en sélectionna un, une sphère dorée légèrement aplatie, et l’architecte continua là-dessus.

 

 
En 1970, suite à de nombreuses questions de la part d’un artiste de l’Ashram, Huta, la Mère dédia à son fils, André, cette réponse: «Il a été décidé et reste décidé que le Matrimandir serait entouré d’eau. Néanmoins, l’eau n’est pas disponible maintenant et ne le sera que plus tard; donc nous avons décidé de construire le Matrimandir maintenant et de l’entourer d’eau seulement plus tard; peut-être dans quelques années… Le Matrimandir sera construit maintenant et de l’eau apportée autour plus tard.» La taille et la forme duLac du Matrimandir ne furent pas finalisées du vivant de la Mère.

 
En février 1971, la Mère approuva un nouveau modèle que lui présenta Roger Anger. Il représente le Matrimandir ressemblant à un lotus en plein épanouissement émergeant de 12 larges ‘pétales’, sur une île ovale ,. Ce modèle définit l’implantation et les contours de l’île avec ses douze jardins, le banyan, l’amphithéâtre, etc. selon ce modèle, l’île (ovale) du Matrimandir a la même forme ovale que la section verticale du Matrimandir, mais est dix fois plus grande (360 m x 290 m).

 
Le 21 février 1971, la pierre fondatrice du Matrimandir fut posée. Trois semaines plus tard, le 14 mars, le travail d’excavation commença. Au début, seuls des Auroviliens creusaient, mais l’excavation était si grande que quelque 400 ouvriers locaux furent employés pour creuser plus rapidement.

 
Au début de 1971, une Pépinière fut établie à proximité du Matrimandir pour acclimater, étudier et multiplier les plantes nécessaires aux jardins. Quand il fut  demandé à la Mère si les personnes travaillant à la Pépinière du Matrimandir devraient cesser d’y travailler pour aider à creuser le trou pour les fondations, elle répondit : «Non, les jardins sont aussi importants que le Matrimandir lui-même».

 
Le 21 février 1972, le premier bétonnage (des fondations) eut lieu.

 
La Mère délivra le message suivant: «Le Matrimandir veut être le symbole de la Mère Universelle selon l’enseignement de Sri Aurobindo»; et au début de 1972, elle nomma le nord, le sud, l’est et l’ouest du Matrimandir selon les quatre ‘Aspects’ ou ‘Personnalités’ de la Mère Suprême, qui sont respectivement: Mahakali, Maheshwari, Mahalakshmi, Mahasaraswati; et les douze chambres de méditation, qui sont situées dans les douze larges ‘pétales’, d’après ses douze ‘Vertus’:

 
Sincérité, Humilité, Gratitude, Persévérance, Aspiration, Réceptivité,
Progrès, Courage, Bonté, Générosité, Égalité, Paix.

 
Le 17 novembre 1973, à 19:25, le bétonnage des quatre piliers de béton qui supportent le Matrimandir prit fin. Exactement au même instant, la Mère quitta son corps.

Le Matrimandir veut être le symbole de la Mère Universelle
selon l’enseignement de Sri Aurobindo.

 

 
«… il sera le ‘Pavillon de la Mère’; mais pas ceci [la Mère se pointa elle-même]; la Mère, la vraie Mère, le principe de la Mère. (Je dis ‘Mère’ car Sri Aurobindo utilisait ce mot, sinon j’en aurais utilisé un autre – j’aurais dit ‘principe créateur’ ou ‘principe réalisateur’ ou… quelque chose de ce genre.)»

La Mère, 23.06.65)

 
* * *

Le Matrimandir est dédié à la Mère Universelle, une Présence ou Être qui a été expérimenté et vénéré, sous différents noms, dans de nombreuses cultures à travers le monde depuis des temps immémoriaux. Les anciens Égyptiens la nommaient ‘Hathor’, les Incas Pachamama’, les Japonais ‘Kwannon’, les Hindous Aditi’, les Catholiques l’identifient à la ‘Vierge Marie’, etc. Le Matrimandir n’est dédié à aucune de ces personnalités ni à quelque émanation ou incarnation de la Mère en particulier.

 
Sri Aurobindo explique dans les deux pages suivantes la différence qu’il faisait entre la Mère «universelle» ou «cosmique» et les mères «individuelles».

 
* * *

Celle que nous adorons comme la Mère est la Force consciente divine qui domine toute existence, à la fois une et si multiple que suivre son mouvement est impossible même pour l’esprit le plus rapide et pour l’intelligence la plus libre et la plus grande. La Mère est la conscience et la force du Suprême et loin au-dessus de tout ce qu’elle crée. Mais quelque chose d’elle peut être vu et ressenti à travers ses incarnations et le tempérament et l’action les plus saisissables car étant les plus définies et limitées des formes de la déesse qu’elle consent à manifester à ses créatures.

 
Il existe trois manières d’être de la Mère dont vous pouvez être conscient quand vous entrez en contact d’unicité avec la Force Consciente qui nous soutient et soutient l’univers.

 
La Transcendante, la suprême Shakti originelle, qui se tient au-dessus des mondes et sert de lien entre la création et le mystère jamais manifesté du Suprême.

 
L’Universelle, la Mahâshakti cosmique, qui crée tous ces êtres et contient, pénètre, supporte et conduit les millions de processus et de forces.

 
L’Individuelle, qui incarne le pouvoir des deux plus vastes aspects de son existence, les rend vivants et proches de nous, et qui joue la médiatrice entre la personnalité humaine et la Nature divine.

 
La Shakti originelle et transcendante, la Mère, se tient au-dessus de tous les mondes et porte dans sa conscience éternelle le Divin Suprême. Elle seule abrite le Pouvoir absolu et la Présence ineffable; contenant ou appelant les Vérités qui doivent être manifestées, elle les fait descendre du Mystère dans lequel elles étaient cachées dans la lumière de leur infinie conscience et leur donne une forme dynamique dans son pouvoir omnipotent et sa vie sans bornes, ainsi qu’un corps dans l’univers. Le Suprême est manifesté en elle pour toujours en tant que l’éternel Sachchidânanda, manifesté à travers elle dans les mondes comme la conscience unique et duelle de l’Ishvara-Shakti et le principe duel de Purusha-Prakriti, incarné par elle dans les Mondes, et les Plans et les Dieux et leurs Énergies et personnifié par elle en tant que tout ce qui est dans les mondes connus et dans d’autres, inconnus. Tout est son jeu avec le Suprême ; tout est sa manifestation des mystères de l’Éternel, des miracles de l’Infini. Tout est elle, car tout est parcelle et portion de la divine Force Consciente. Rien ne peut être ici ou ailleurs qui ne soit ce qu’elle décide et ce que le Suprême permet ; rien ne peut prendre forme sauf ce que, mue par le Suprême, elle perçoit et façonne après en avoir moulé le germe dans son Ananda créateur.

 
La Mahâshakti, la Mère universelle, accomplit tout ce que sa conscience transcendante transmet du Suprême et pénètre les mondes qu’elle a créés ; sa présence les remplit et les soutient avec l’esprit divin et la force et la félicité divines qui sustentent tout et sans lesquelles ils ne pourraient exister. Ce que nous appelons Nature ou Prakriti n’est que son aspect exécutif le plus extérieur ; elle organise et arrange l’harmonie de ses forces et processus, elle propulse les opérations de la Nature et se meut en leur sein, secrète ou manifeste, dans tout ce qui peut être vu, expérimenté ou amené à la vie. Chacun des mondes n’est qu’un jeu de la Mahâshakti de ce système de mondes ou univers, qui y réside en tant qu’Âme et Personnalité cosmiques de la Mère transcendante. Chacun est une chose qu’elle a perçue dans sa vision, accueillie dans son cœur de beauté et de pouvoir et créée dans son Ananda.

 
Mais il existe de nombreux plans de sa création, de nombreuses étapes de la Divine Shakti. Au sommet de cette manifestation dont nous faisons partie, il existe des mondes d’une existence, d’une conscience, d’une force et d’une félicité infinies au-dessus desquels la Mère se tient comme le Pouvoir éternel révélé. Là, tous les êtres vivent et se meuvent dans une plénitude ineffable et une unité inaltérable, car elle les porte dans ses bras pour toujours. Plus proches de nous sont les mondes d’une création supramentale parfaite dans lesquels la Mère est la Shakti supramentale, un Pouvoir d’omnisciente Volonté et d’omnipotente Connaissance divines, toujours apparent dans ses œuvres infaillibles et spontanément parfait dans chaque opération. Là, tous les mouvements sont les étapes de la Vérité ; là, tous les êtres sont des âmes, des pouvoirs et des corps de la Lumière divine ; là, toutes les expériences sont des mers, des flots et des vagues d'un Ananda absolu et intense. Mais les mondes où nous demeurons sont ceux de l'Ignorance, les mondes du mental, de la vie et du corps, séparés de leur source dans leur conscience, et dont la terre est un centre significatif et son évolution un processus décisif. Tout ceci aussi avec son obscurité, ses luttes et ses imperfections, est supporté par la Mère universelle; ceci aussi est mû, et conduit vers son but caché par la Mahâshakti.

 
La Mère, en tant que Mahâshakti de ce triple monde de l'Ignorance, se tient dans un plan intermédiaire entre la Lumière supramentale, la vie de Vérité, la création de Vérité, qui doit être amenée ici-bas et cette hiérarchie ascendante et descendante des plans de conscience qui, comme une double échelle, s'enfoncent dans l'ignorance de la Matière et escaladent à nouveau l'infinité de l'esprit à travers l'épanouissement de la vie, de l'âme et de l'intellect. Déterminant tout ce qui doit être en cet univers et dans l'évolution terrestre par ce qu'elle voit et sent et déverse d'elle-même, elle se tient là, au-dessus des Dieux, et tous ses Pouvoirs et toutes ses Personnalités sont émis et placés devant elle pour l'action, et elle projette leurs émanations dans ces mondes inférieurs pour intervenir, gouverner, combattre et conquérir, pour guider et accomplir leurs cycles, pour diriger les lignes d'action totales et individuelles de leurs forces. Ces émanations sont les nombreuses formes et personnalités divines dans lesquelles les hommes l'ont adorée sous des noms différents à travers les âges. Mais elle prépare aussi et forme par l'intermédiaire de ces Pouvoirs et de leurs émanations, l'esprit et le corps de ses Vibhûtis, de même qu'elle prépare et forme des esprits et des corps pour les Vibhûtis de l'Ishvara, afin qu'elle puisse manifester, dans ce monde physique et sous le masque de la conscience humaine, quelque rayon de son pouvoir, de sa qualité et de sa présence. Toutes les scènes du jeu terrestre ont été, comme dans un drame, organisées, conçues et jouées par elle avec les Dieux cosmiques pour ses auxiliaires et elle-même en tant qu’acteur voilé.

(Sri Aurobindo, ‘La Mère’)

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(a presentation by Gilles G.)

 

 

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